10 ans de réflexion sur la gouvernance et les nouveaux modèles d’affaires durables

Chronique sur le développement des expertises du CÉRSÉ

Volet 2 : 10 ans de réflexion sur la gouvernance et les nouveaux modèles d’affaires durables

Par Élise Tousignant, directrice du CÉRSÉ
Un dixième anniversaire, comme tout anniversaire, c’est souvent l’occasion de poser un regard sur le passé et de mettre en évidence le fil conducteur liant nos différentes actions et nous guidant vers le futur. C’est ce fil conducteur que je mets en évidence dans quelques courts textes sur des sujets de prédilection du CÉRSÉ et de l’établissement d’enseignement supérieur qui le porte, le Collège de Rosemont. Deuxième sujet : Les modèles d’affaires durables.

 
Au-delà du modèle alternatif de l’économie sociale (coopératives, mutuelles et organisations à but non lucratif avec des activités économiques) qui existe depuis plus de 50 ans avec une grande vigueur au Québec, ont émergé plusieurs nouveaux modèles d’affaires en rupture avec le modèle dominant de création de valeur centré sur le client et l’actionnaire (surtout dans le modèle de la corporation). Ces nouveaux modèles d’affaires ont émergé autour des notions et approches du développement durable ou de la responsabilité sociale, de la « création de valeur partagée » et de l’« entrepreneuriat social ».

Le CÉRSÉ s’est d’abord intéressé à des éléments isolés de modèles d’affaires se voulant plus durables, que ce soit par sa recherche sur la politique d’approvisionnement responsable du Réseau des corporations de développement économique et communautaire (CDEC) en 2011-2012 ou son offre de services de certification d’événements responsables (2013-2016). Il a ensuite expérimenté une variante du célèbre Business Model faisant appel aux trois dimensions du développement durable auprès d’entrepreneurs sociaux, le modèle d’affaires tridimensionnel (2015-17), et sa propre démarche d’accompagnement de développement cohérence stratégique (2019-20). Parallèlement, le CÉRSÉ s’est intéressé à l’hybridation multiorganisationnelle comme innovation amenant de nouveaux modèles d’affaires pouvant répondre aux tensions vécues par les innovateurs sociaux. Le réseau des Centres collégiaux de transfert de technologie a fait appel au CÉRSÉ pour rédiger une synthèse de connaissances et une formation pour les experts du réseau sur les nouveaux modèles d’affaires durables (2018-19). Le CÉRSÉ a aussi accompagné depuis 2018 des entreprises certifiées BCorp, évaluées par un questionnaire pointu sur les impacts sur l’environnement et les parties prenantes et la création de valeur sociale, comme Baleco et Umalia.

Enfin, depuis 2017, le CÉRSÉ développe une expertise unique sur la reprise d’entreprises par un collectif, ce qui implique le plus souvent un changement dans le modèle d’affaires en prenant la forme juridique d’une coopérative ou d’une entreprise d’économie sociale. Ce sont maintenant trois études importantes que le CÉRSÉ a complété sur le sujet : La reprise d’entreprise sur forme d’OBNL : étude exploratoire (2018), La reprise collective au Québec – Synthèse de connaissances (2020), L’entrepreneuriat collectif comme solution à la relève d’entreprise : modèles, enjeux et avenues (2021). Une boîte à outils pour favoriser et améliorer la reprise collective est en développement avec six organisations nationales soutenant l’essor de l’entrepreneuriat collectif (2022).

Derrière chaque entrepreneur responsable se trouve un écocitoyen. L’écocitoyenneté sera l’objet de notre prochaine chronique sur le développement des expertises du CÉRSÉ.