Depuis Pessamit, une sortie où les savoirs autochtones et allochtones se rencontrent

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Durant plusieurs jours, de jeunes Innu.es et des aîné.es de Pessamit se (ré)approprient le lien à leur terre ancestrale, leur culture, et à leurs savoirs traditionnels locaux. Une équipe scientifique chevronnée soutient un partage de connaissances quant aux impacts des changements climatiques sur le territoire, et des apprentissages liés à l’utilisation d’outils de mesure et de collecte de données.

Crédit photo : Juliette Dubut

C’est ainsi que le dialogue de savoirs autochtones et allochtones se rencontre en tout respect et ouverture, et permet un rapprochement interculturel unique en son genre !

La 2e édition du camp a eu lieu fin février 2026 grâce à l’appui de la directrice de l’école Uashkaikan. Une dizaine de jeunes de 15 à 17 ans ont rejoint des membres de la communauté — des aîné.e.s, des détenteurs de savoirs, des gardiens de territoire, l’enseignante en innu Annie Ashini, partenaire importante, et @Valerie Hervieux de l’@Institut Tshakapesh —, sous la supervision de Mélanie Bellefleur, coordonnatrice des services territoriaux et gardienne du territoire, ainsi que des chercheur.euse.s universitaires et l’équipe responsable de l’organisation.

Le groupe a participé aux activités scientifiques suivantes :

  • Une étude de la catégorisation de la neige avec @Mathilde Poirier, chercheuse postdoctorale en écologie à l’Université de Calgary ;
  • Une présentation de l’évolution du climat et une expérience « station météo » avec Philippe Gachon, professeur au Département de géographie de l’@UQAM assisté de son collègue @Hans Asnong ;
  • Une présentation de l’aire protégée Pipmuakan, un projet cher à la communauté, animée par Marie-Hélène Rousseau, ingénieure forestière et conseillère en gestion intégrée des ressources forestières au secteur Territoire et ressources du @Conseil des Innus de Pessamit, et Jean-Luc Kanapé, gardien du territoire responsable de la surveillance du caribou et des loups.

Quant aux activités culturelles — soit, poser des collets à lièvres, monter une tente traditionnelle, participer aux matutishan et makushan (tente de sudation et festin innu), écouter et observer les enseignements des ancien.nes —, elles ont été réalisées par une équipe de cœur : Robert Dominique, Muak Hervieux et Desanges St-Onge, aîné.es et membres du comité innu-aitun ; Éric Kanapé, Michel Kanapé et Michèle Crépeau du site traditionnel innu Kanapeut ; Wilfrid Hervieux, conteur et artiste aux multiples talents ; Michael Canapé, gardien du territoire.

Cette immersion culturelle et territoriale fut une magnifique occasion de cocréation et de coapprentissage. Chaque participant est à l’écoute de l’autre, partage ses connaissances, ses découvertes et ses curiosités, apprend à son rythme et selon ses centres d’intérêt.

Un camp en prévision d’un programme de surveillance

En raison des changements climatiques et des activités humaines, le Nitassinan subit des bouleversements environnementaux importants. @Marie-Michèle Voyer, conseillère à l’accompagnement des collectivités en transition au @CÉRSÉ, collabore avec le secteur Territoire et ressources du @Conseil des Innus de Pessamit pour développer un programme de surveillance communautaire autochtone de l’environnement, suivi des impacts des changements climatiques sur le Nitassinan et l’innu-aitun (la culture innue).

Une réponse adaptée à un vrai besoin de la communauté

Comme les savoirs traditionnels locaux s’inscrivent au cœur de ce projet de vigie territoriale, le camp soutient le développement de bases relationnelles, éducationnelles et communautaires nécessaires au succès d’un tel programme :

  • Établir des relations de confiance ;
  • Encourager l’implication et la participation des jeunes et des aîné.es ;
  • Développer les capacités locales ;
  • Créer une cohésion autour de l’idée même de surveillance.

En attendant la mise sur pied du programme, le camp, qui en fera partie intégrante, est une approche immersive et inclusive qui permet un transfert des savoirs, des connaissances, une revitalisation de la langue.

En tant que personne et en tant que chercheuse, j’apprends beaucoup avec ce projet.

Projet qui n’aurait pas vu le jour sans ces deux personnes qui y croient depuis le début : Mélanie Bellefleur, gardienne du territoire et coordonnatrice des services territoriaux ; et Marjolaine Hervieux, directrice de l’école secondaire Uashkaikan (et de l’école primaire par intérim). Merci ! Marie-Michèle Voyer